Toprakkale Kalesi

Turquie | Royaume Arménien de Cilicie

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Toponymes connus

  • Toprakkale Kalesi Turc Contemp.
  • Tell Hamdoun - تل حمدون Arabic
  • T'il Hamtun - Թիլ Համտւն Armenian

Description

Français

Histoire

Située au sud est de la plaine cilicienne, Toprakkale (en arabe Tell Hamdoun ), de par ses caractéristiques physiques, correspond au modèle des vastes citadelles-refuge. L’éminence basaltique sur laquelle est bâtie la forteresse commande la route allant de Mamistra aux passes de l’Amanus, ainsi qu’à la plaine d’Issus (qui fut en d’autres temps – 333 avant notre ère – le témoin de l’affrontement entre Alexandre le Grand et le roi des Perses Darius)

Au début du XII e siècle, à l’instar de l’ensemble des points fortifiés de la région, Toprakkale tomba sous le contrôle des Francs d’Antioche. Il fallut attendre l’émergence de la puissante dynastie arménienne des Roupéniens pour que cette place forte ne leur revienne. Au cours des expéditions de l’Empire Byzantin menées contre ce fragile royaume arménien au bord de la Méditerranée, la citadelle eut à essuyer plusieurs sièges importants.

Le premier remonte à 1137, lors de la campagne de Jean Comnène en Cilicie et en Syrie, destinée à rendre à l’Empire le riche delta tenu par les Arméniens ainsi que la prestigieuse Antioche, franque depuis plus de trente années. Ayant assemblé une armée considérable, le basileus n’eut aucun mal à s’emparer dans un premier temps des grandes villes de la plaine, Adana, Tarse et Mamistra, puis de la capitale – et ce malgré sa résistance vigoureuse – Anavarza, obligeant le prince Léon Ier au repli vers le nord. Jean Comnène, porta ses conquêtes jusqu’au Tell Hamdoun avant de partir pour Antioche.

Malgré la réussite totale de son entreprise, ce succès ne survécut pas longtemps au retour de l’Empereur à Constantinople, puisque rapidement, Toprakkale échut de nouveau aux Arméniens.

En 1151, malgré les efforts distants mais soutenus de Manuel Comnène, le nouveau leader arménien Thoros Ier finit par s’emparer de Mamistra et du général byzantin chargé de sa défense, le duc Thomas.

L’affront était de taille ! La riposte vint d’au delà du Taurus. Acheté par l’Empire, les forces seljoukides du sultan Mas’ûd s’élancèrent contre la Cilicie en 1154. Le sultan en personne se porta devant les murs de Toprakkale pour en mener le siège. En proie à une épidémie, et surpris par l’anéantissement de son avant-garde qui avait poussé trop loin ses incursions, au point de tomber sous les traits des Templiers de Gaston dans le défilé de la Portelle, l’armée seldjoukide leva précipitamment le siège non sans essuyer de nombreuses pertes.

La vengeance des Comnènes fut finalement obtenue en septembre 1158, lorsqu’une expédition montée dans le plus grand secret emmena une nouvelle armée byzantine sur les terres du delta. Totalement surpris par l’arrivée de ces forces considérables, Thoros II n’eut que le temps de se réfugier dans quelques repères inaccessibles du Taurus pour ne pas tomber entre les mains des Grecs. Manuel réoccupa toutes les places fortes jusqu’à Toprakkale, qu’il investit en novembre. Cette intervention byzantine sera la dernière dans la région. Avec la création du royaume arménien, et le couronnement de Léon Ier en 1198, les prétentions des Grecs sur la Cilicie furent enterrées.

Toprakkale devint une importante place forte à la frontière des terres musulmanes qui jouxtaient le nouveau royaume depuis que le comté franc d’Edesse avait été détruit.

Afin d’éviter une invasion mameluk sur la Cilicie en 1293, et suite à la prise tragique de la forteresse catholicosale de Hromgla, le roi d’Arménie fut contraint de céder Toprakkale. Finalement, toute cette frange est de la Cilicie tomba sous les assauts des sultans égyptiens en 1298.

Toprakkale releva donc de l’Emirat d’Alep, qui ne cessa de grossir avec les années. Servantikar et Yilanli Kale vinrent grossir le domaine moins de deux décenies plus tard.

Les Mameluks céderont à leur tour Toprakkale aux envahisseurs Ottomans en 1491.