Burj Tybo

Liban | Comté de Tripoli

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Toponymes connus

  • Burj Tybo - Burǧ Ṭībū Arabic Contemp.

Description

Français

Histoire

Burj Tibo fait partie du corpus des petits ouvrages fortifiés qui défendaient jadis la région du Cobiath, zone vallonnée constituant la partie sud du célèbre corridor appelé « trouée de Homs ». Cette contrée était un espace extrêmement sensible pour la défense du Comté de Tripoli, en ce qu’elle constituait, entre le Crac de l’Hospital et le fort de Gibelacar, un territoire de plus de 50 kilomètres de longueur sans aucune forteresse majeure pour la contrôler. Aussi, Archas et la Triple étaient à la merci du premier coup de main opéré par le défilé Cobiathin.

Le développement des seigneuries franques au sein de ce territoire médian permit certainement aux Francs d’accroître leur maîtrise sur cette zone, chose d’autant plus difficile que le terrain est accidenté et souvent noyé dans la brume, y compris au cœur de l’été. Burj Tibo serait un exemple de ces foyers de peuplement.

Il est à penser que ce site acquit une certaine importance militaire, puisqu’il apparaît aux cotés du Crac de l’Hospital, de Safita, Miar, Arima, Halba, Arqua et Coliath dans un traité conclu en 1282 entre le sultan Qalaoun et les Templiers.

Description

Burj Tibo se situe sur un site éminemment stratégique à l’Est de Majdal, au point de rencontre de deux vallées : celles du Wadi Cobiath et du Nahr Oustouène. Planté au sommet d’un mamelon, une petite marche est nécessaire pour atteindre les vestiges rémanents, lesquels indiquent un poste de faibles dimensions réduit à une unique tour maîtresse.

Les vestiges de la tour se résument à quelques fragments de murs pantelants et des amas de pierrailles informes. Les parements intérieurs et extérieurs ont été arrachés comme cela est le cas de beaucoup de sites de la région : il ne reste plus que le spectacle désolant de l’âme des murs, constituée de petits moellons noyés dans le ciment typique de la période franque.

Les seuls parements encore en place, présents à la toute base d’un des deux murs, permettent de supposer que la tour était réalisée en un petit appareil basaltique cubique. Il est par ailleurs plausible que les angles de la tour aient été constitués de pierres de tailles plus importantes. La présence, alentours, parmi les nombreux débris, de quelques pierres de plus grande taille travaillées sur deux faces orthogonales et présentant chacune des bossages grossiers va dans ce sens. Concernant l’assemblage proposé, on est tenté de faire le rapprochement avec burj Zara, située à quelques kilomètres plus au nord et dont le corps est lui aussi bâti en petit appareil cubique et basaltique tandis que les chaînages des angles sont constituées de blocs de calcaire blancs d’une taille beaucoup plus conséquente.

En contrebas de la position occupée par la tour se trouve une source dénommée Ain Tibo , toujours vive, et jaillissant au fond d’un vallon de lauriers rose. La proximité de cette source expliquerait le nom de la tour, appelée également Burj Ain Tibo, la « tour de la bonne source », Tibo provenant sans aucun doute d’une déformation de Tayba . Une autre hypothèse persistante, plus romantique, voudrait que les habitants de la région aient gardé le souvenir d’un seigneur franc nommé Thibault.

Par ailleurs, les restes de plusieurs meules en basalte dispersées sur la croupe rocheuse semblent attester de l’exploitation agricole du lieu à l’époque byzantine, et il est alors fort probable que les Francs se soient contentés de fortifier un hameau préexistant.