Burj Miar

Syrie | Comté de Tripoli

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Toponymes connus

  • Burj Miar Arabic Contemp.
  • Burj Miar Sakir - Burğ Mī‘ār Šākir / برج ميعار ثاكر Arabic Contemp.

Description

Français

Histoire

Par sa morphologie et sa technique de construction, la tour de Miar est emblématique des nombreux autres ouvrages Francs du même type qui sont présents dans l’arrière pays de Tartus.

Pour autant, Burj Miar est presque le seul de ces petits fortins qui a laissé une trace dans l’histoire. Il est ainsi mentionné par les chroniqueurs arabes, aux côté de grandes forteresses, parmi la longue liste des possessions du sultan mamelouk Qalaun qui est donnée en préambule de plusieurs traités qui furent signés avec les Francs. Citons notamment les trêves signées en 1282 avec les templiers et en 1283 avec « les autorités du royaume de Acre, Sidon et Athlit ». Dans l’acte de 1282, Burj Miar est curieusement mentionnée en tant que terre du sultan, mais aussi au titre de « terre annexée », tout comme Arima. La grande proximité de ces sites avec Tartus, principale place forte alors encore tenue par les Templiers, leur permis peut-être, encore un temps, d’y assoir un quelconque pouvoir.

On pourra supposer, du fait de ces différentes mentions, que le site de Miar avait acquis, avec l’occupation mamelouke, une importance certaine et qu’en ce sens, sont sort est peut-être comparable à celui du site de Qaqun, dans la plaine de Sharon. Après sa prise, cette simple colonie franque devient un important lieu administratif et militaire mamelouke.

Description

La tour se situe sur une légère éminence à une quinzaine de kilomètres à l’est de Tartous. Les vestiges, qui forment un grand rectangle d’environ 10m par 15m, sont aujourd’hui limités à une portion de la voute en berceau de l’ancien rez-de-chaussée et à une élévation de quelques mètres des murs est, nord et ouest.

L’appareil employé pour les parements externes est de petite taille et utilise principalement le ramli local, à l’exception de quelques plus gros blocs de calcaire qui sont principalement présents à la base des murs. Quelques uns portent un bossage grossier.

Dans les parements du mur nord, on note la présente de petites boutisses de basalte qui sont le remploi probable d’une structure antique préexistante. Ce procédé de mise en œuvre se retrouve dans plusieurs ouvrages proches comme à Burj Asur.

A l’intérieur, le volume encore couvert par la voute est dépourvu d’archère et seules deux fenêtres de jour assez bien conservées semblent y avoir simplement amené de la lumière. D’après les villageois, qui utilisent aujourd’hui cet espace comme décharge publique, une porte aménagée dans le mur sud aujourd’hui ruiné en contrôlait l’accès.

D’après les dimensions de l’ouvrage et l’épaisseur des murs (2m), il n’y a aucun doute quand au fait que la tour comportait au moins un étage supplémentaire. Aucune autre structure proche n’a été reconnue.