Burj Arab

Syrie | Comté de Tripoli

Visites : 2002, 2006, 2007


Toponymes connus

  • Burj Arab - Burǧ ʿArab / برج عرب Arabic Contemp.
  • Ain el Arab Arabic

Description

Français

Histoire

Burj Arab est, parmi les nombreuses petites tours maitresses de la plaine de la Boquée, l’une des plus connues. Facilement accessible et particulièrement bien conservée, elle se situe à la rencontre du Nahr el-Kebir et du Nahr el-Khalifé, au milieu de cette plaine légèrement vallonnée et fertile qui fut un des poumons économiques du Comté de Tripoli.

Malgré la grande proximité de Burj Arab avec le Crac des chevaliers et Safita, elle ne possède d’intervisibilité directe qu’avec la petite tour maitresse de burj Zara et du fortin de Tell Kalakh. Elle partagea toutefois très probablement l’histoire de ces deux grands sites emblématiques des templiers et des hospitaliers.

Toute cette région fut dévastée par Baïbars en février 1271, après qu’il eut pris Chastel-Blanc.

Description

Cette grande tour maitresse à section carrée est encore aujourd’hui conservée sur deux niveaux. Elle est réalisée en un petit appareil à assises régulières faites de blocs en basalte et en calcaire. Malgré cette apparente homogénéité, on peut toutefois déceler différentes phases de construction. Sur les faces nord et est notamment, on remarque, au niveau du premier étage, une reprise de maçonnerie figurant notamment une série régulière de boutisses légèrement saillantes formées de petits blocs en basalte, un peu à la manière de ce que l’on trouve à burj Asur.

Les maitres d’œuvre ont intégrés ponctuellement quelques éléments d’architecture antique probablement trouvés sur place. On retiendra notamment un linteau byzantin en basalte sculpté de la porte principale, quelques croix pattées et un sarcophage engagé à la base de l’angle nord-ouest de la tour.

Les deux niveaux de la tour sont voûtés en berceau. L’unique porte d’entrée, aménagée dans la face nord, ouvrait à quelques mètres de hauteur sur une probable subdivision du premier niveau par un plancher aujourd’hui disparu.

Les habitants du village qui s’est agrégé autour de la tour ont percés le mur ouest et converti le premier demi-volume situé sous le niveau du plancher, en étable. Le second demi-volume, situé directement sous la voute en berceau est muni d’archères à niches.

On gagnait le second niveau au moyen d’un escalier coudé aménagé dans l’épaisseur du mur nord qu’on empruntait directement depuis la porte d’entrée dans la tour. Cet escalier est aujourd’hui comblé. Les aménagements de ce second volume comportent des archères ainsi que quelques niches à usage probablement domestique. L’archère du mur est a été défoncée et c’est à travers elle qu’on pénètre aujourd’hui dans cette partie de la tour, une construction d’époque moderne aujourd’hui en ruine , directement accolée à la tour, permet de l’atteindre.

Le mur ouest possède dans son épaisseur un second escalier qui permet de gagner le sommet de la tour. Il ne reste malheureusement aucun vestige des couronnements.

Deux structures viennent compléter cette installation franque principale. La première est la mieux conservée mais aussi la moins facilement visible. Il s’agit d’une grande salle voutée située directement sous la maison d’époque moderne qui est accolée à la face est de la tour.

Il apparait que les bâtisseurs modernes ont décidés de complètement englober cette structure, probablement du fait de son bon état, en élevant la nouvelle maison directement dessus. Cet ensemble hétéroclite a été homogénéisé pour l’oeil par un habillage homogène en petit appareil basaltique, à la manière ottomane. La grande salle médiévale est aujourd’hui encore en parfait état et utilisée comme étable et il est probable que ce fut toujours le cas. On y entre par une porte dans le mur sud située juste en dessous à gauche de l’escalier qui permet d’entrer dans la maison en ruine.

Cette exemple de structure directement accolée à une tour, s’il est assez fréquent dans le royaume de Jerusalem, n’est pas courant en Syrie. Le seul autre exemple que nous connaissons est celui de la grande tour hospitalière de Burj Chemali, dans la région de Tyr.

À une centaine de mètres à l’ouest de la tour, les vestiges très ruinés d’une seconde structure voûtée affleurent. L’enfouissement presque total limite énormément les capacités d’interprétation de ce monument.