Ravendel

Turquie | Comté d'Edesse

Visites : 2003, 2010


Toponymes connus

  • Ravendel
  • Rouanda
  • Revendal
  • Révandelba
  • Rawandan
  • Areventan
  • Ravenda Kalesi Turc Contemp.

Description

Français

Histoire

Tout au long de l’existence du comté d’Edesse, la citadelle de Ravendel faisait partie d’un collier de places fortes destinées à protéger son flan occidental, notamment contre les dangereux foyers ennemis qu’étaient Alep et Menbidj. Une des constantes des comtes d’Edesse était d’ailleurs de toujours confier la garde de cette importante citadelle et de sa région à un homme fort, capable de défendre la partie ciseuphratésienne du comté. Construite sur une éminence conique aux pentes douces, Ravendel commandait en outre la riche vallée du haut-Afrin, grande voie de passage assurant les liaisons entre la principauté d’Antioche et le comté d’Edesse.

Lors de la première croisade, l’ambitieux Baudouin de Boulogne, guidé par un certain Pakrad, – aventurier arménien évadé des geôles byzantines – pénétra le premier dans cette région dont la population était essentiellement arménienne. Baudouin, représentant l’espoir de la fin du joug turc, fut accueilli en libérateur par les habitants de Ravendel, qui lui livrèrent la citadelle, après en avoir spontanément chassé la garnison. Pour récompenser Pakrad de ses bons offices, Baudouin lui céda la place, mais bien vite, les exactions de l’arménien conjuguées aux rumeurs de complot mirent fin à la bienveillance du boulonnais : Baudouin s’empara de sa personne et obtint par la torture la reddition de Ravendel.

Après la prise d’Antioche par les Croisés, Baudouin, devenu entre temps comte d’Edesse, profita de la visite de son frère Godefroy en août 1098 pour lui inféoder les villes de Ravendel et Turbessel. Quelques années plus tard, le nouveau comte d’Edesse, Baudouin du Bourq, dans le droit fil de son illustre prédécesseur, opéra la même donation en faveur de son cousin Joscelin de Courtenay – un des plus valeureux chevaliers de son temps – tout juste arrivé en Orient.

Après la chute d’Edesse, la forteresse fit partie des dernières possessions du comte Joscelin II, puis fut vendue par sa veuve aux Byzantins, avec les derniers lambeaux du comté. Après moins d’un an d’occupation impériale, Ravendel devait tomber sous les coups de Nur al-Din.

Bien qu’ayant été la maintes fois mise à mal par les tremblements de terre de ces derniers siècles, la forteresse présente encore de fort beaux restes. On retiendra surtout une porterie relativement bien préservée (vraisemblablement d’origine mamelouke) au sud de l’édifice ainsi que l’existence de petites salles joliment voûtées encore à moitié ensevelies. A noter également l’existence de citernes à l’est du site auxquelles on accède par des escaliers taillés dans la roche. De l’enceinte, seuls quelques pans et tours d’angle subsistent encore en état, laissant néanmoins transparaître d’élégantes meurtrières et mâchicoulis. Il semble que l’ouvrage ait été jadis défendu par une barbacane, aujourd’hui largement ruinée.