Bile

Turquie | Comté d'Edesse

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Toponymes connus

  • Bile
  • Makedonopolis Grec ancien
  • al-Bira - al-Bīrā / البيرا Arabic
  • Birtha Latin
  • Birecik Turc Contemp.

Description

Français

Histoire

Cette forteresse, appelée aussi al-Bira, occupait une position éminemment stratégique à l’époque des Croisades : perchée sur un éperon rocheux délimité d’un côté par l’Euphrate, de l’autre par un profond ravin, elle défendait le principal point de passage reliant la Syrie du Nord à la Mésopotamie, si bien que, pendant toute l’existence du comté d’Edesse, la liaison entre les seigneurs d’Edesse et d’Antioche se faisait principalement par Bile.

Fortifiée depuis des temps reculés pour permettre la traversée du fleuve, elle appartenait au moment de la création du comté d’Edesse aux Ortoqides, nommément Soqmân ibn Ortoq. Baudouin de Boulogne, pressé d’asseoir la domination franque dans la région, y établit son autorité dès 1099, en laissant néanmoins le contrôle à un chef arménien local, nommé Abelgharib.

Cette petite principauté arménienne séparant malencontreusement Edesse de Turbessel et contrôlant les passages de l’Euphrate ne devait subsister bien longtemps. En 1117, le comte d’Edesse Baudouin du Bourcq et Galéran du Puiset assiégèrent longuement la citadelle malgré la fidèlité dont avait fait preuve jusque là son gouverneur. Ce dernier accepta au bout d’un an de blocus de livrer la place à la condition toutefois que Galéran épouse sa fille.

Vers 1120, El Ghazi, seigneur d’Alep, enleva Bile pour la perdre en 1122 face au nouveau comte d’Edesse, Joscelin de Courtenay.

En mai 1145, peu après la chute d’Edesse, l’atabeg de Mossoul Zengi vint mettre le siège devant la citadelle mais l’abandonna précipitemment pour règler des problèmes d’ordre interne. Cinq ans plus tard, la citadelle fut remise par les Francs aux Ortoqides de Mardin, vieille dynastie turque locale, assagie et conservatrice, qui avait autant intérêt que les chrétiens à arrêter les progrès foudroyants de l’ombrageux Zengi.