Boutron, le

Liban | Comté de Tripoli


Toponymes connus

  • Boutron, le
  • Batroun - al-Batroun / البترون Arabic

Description

Français

Histoire

Cette paisible ville maritime, réputée à l’époque des Croisades pour son vin, appartenait à l’émirat tripolitain des Banû ‘Ammar lorsque les premiers Croisés l’aperçurent, au cours de leur traversée de la corniche libanaise en 1099. Ces derniers s’en emparèrent finalement en 1109, peu après la prise de Tripoli par le roi Baudouin Ier.

De l’histoire du Boutron – actuelle Batroun – durant les décennies de présence franque, peu de renseignements nous sont parvenus : un acte datant de 1115 atteste que la cité appartenait alors à la famille d’Agoult, d’origine provençale ; on sait par ailleurs qu’elle échut plus tard à un certain Guillaume Dorel, lequel mourut en 1184, laissant pour unique héritière une fille nommée Cécile.

Le comte de Raymond III de Tripoli, qui avait promis la belle à l’un de ses familiers, Gérard de Ridefort, préféra la donner en épousailles à un obscur – mais riche – homme d’affaire pisan nommé Plivano ou Plébain, lequel acheta littéralement son mariage ( la légende veut qu’il fit mettre la demoiselle en balance et de l’or sur l’autre plateau ). Ce procédé indigne allait avoir des conséquences désastreuses que le comte de Tripoli ne pouvait soupçonner. En effet, Gérard de Ridefort, ce petit chevalier de Flandre, allait devenir deux ans plus tard Grand Maître de l’ordre du Temple, et sa haine inexpiable envers Raymond, l’un des éléments propres à precipiter la chute du royaume.

Aux dires des chroniques, lors du couronnement surprise de Guy de Lusignan sur le trône de Jérusalem au détriment du comte de Tripoli, Gérard de Ridefort, savourant sa vengeance contre celui qui l’avait jadis frustré de l’héritage de la seigneurie du Boutron, aurait murmuré entre ses dents à l’adresse de Raymond III : ‘Ceste corone vaut bien le mariage dou Botron’…

Saladin s’empara de la ville, peu après Barut et Gibelet, durant l’été 1187. Plébain, profitant des retombées de la Troisième Croisade, reprit possession de son fief en 1202.

En l’an 1289, la cité, menacée par le sultan Qalaoun, fut définitivement évacuée sans combat, au même titre que les derniers lambeaux du comté de Tripoli…

Du château situé au bord de la mer, il ne reste rien, si ce n’est quelques blocs à la base d’une construction plus récente. Il fut en effet rasé par le grand maître du Temple Guillaume de Beaujeu en 1276 au cours d’un grave conflit qui opposa l’Ordre au comte de Tripoli. On remarquera l’impressionnant mur extrudé par les Phéniciens sur le bord de mer, ainsi que les maisons de la vielle ville, qui donnent une bonne idée de ce à quoi pouvait ressembler la cité médiévale…