Beaufort

Liban | Royaume de Jerusalem

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Toponymes connus

  • Beaufort Med.
  • Qalaat al-Shaqif Arnun - Qalʿat Šaqīf Arnūn / قلعة الشئيف أرنون Arabic Contemp.
  • Belfort Med.

Description

Français | Deutsh

Histoire

A mi-chemin entre Nabatiyé et Marjayoun, la citadelle de Beaufort est bâtie au bord d’un précipice vertigineux tombant directement sur le Nahr al-Litani. Du haut de cette crête rocheuse, les Croisés contrôlaient ainsi la voie menant de Tyr à Damas. La forteresse était intégrée à une puissante ligne défensive courant du nord au sud du royaume de Jérusalem jusqu’aux châteaux de l’outre Jourdain.

Fortifiée par les Arabes, la position fut cédée aux Francs par l’atabeg de Damas Chihab al-Din en 1139. Foulques d’Anjou, alors roi de Jérusalem, la remit lui même au seigneur de Sagette , qui devint, à cette occasion, un des seigneurs les plus importants de la région. En 1179, une partie des Croisés rescapés de la bataille de Marjayoun trouva refuge en ses murs. Peu après le désastre d’Hattin, Saladin tenta de s’en emparer mais se heurta à la farouche résistance de l’astucieux Renaud de Sagette, qu’il parvint néanmoins à briser au prix d’un an d’effort.

Les Francs réoccupèrent Beaufort à partir de 1240, date à laquelle le sultan de Damas al-Salih Ismaël, craignant la montée en puissance de son neveu al-Sahil Ayyub en Égypte, leur céda la citadelle en échange de leur alliance. La garnison ayyoubide refusant d’obtempérer, il fut contraint d’assiéger la place pour honorer l’accord. Vingt ans plus tard, l’ordre du Temple acheta la forteresse à l’intempérant Julien de Sidon, et y entreprit quelques travaux défensifs. Il fallut non moins de 26 machines de siège aux armées de Baïbars pour qu’en 1268, après dix jours de bombardements intensifs, les Templiers offrent leur reddition. Après une période d’occupation mamelouke, le château fut remis en état de défense au début du XVII° siècle par l’émir Fakr el-din lors de sa révolte contre la Porte, puis démantelé par le gouverneur ottoman de Damas après un vigoureux siège. Au cours de la guerre du Liban débutée en 1975, le site, réutilisé pour sa position géostratégique, fait l’objet de multiples bombardements, occasionnant de graves destructions des éléments médiévaux significatifs du château.

Description

Ce dernier, retranché sur le flanc oriental de l’éperon qu’il couronne, peut être décomposé en deux sous-ensembles : une partie haute, concentrant les éléments les plus anciens de l’ensemble castral – c’est-à-dire les ouvrages francs et ayyoubides – et une partie basse plus récente ; le tout est relié par une rampe d’accès en balcon au dessus du Litani. La partie haute comprend un épais mur-bouclier ( 4 m d’épaisseur ) destiné à protéger le front sud du château des projectiles lancés par les engins de siège ; moins bien conservées sont la tour maitresse carrée qui fait corps au rempart sur le front occidental et la grand salle/chapelle construite par les Templiers, qui est, elle, totalement ruinée. A noter enfin l’existence d’une belle tour hexagonale de conception ayyoubide à la pointe nord du site.

La partie basse, en bien meilleur état, renferme deux grands corps de bâtiments assez complexes, parsemés de galeries, casemates, chambres de tir et locaux à caractère plus résidentiel… Au sud du plateau, on aperçoit par temps dégagé la citadelle de Toron , et à l’est, celle de Subeibe.

Le site, bien qu’ayant beaucoup souffert reste, incontestablement, l’un des plus fascinants de la région.