Qalaat al-Aido

Syrie | Principauté d'Antioche

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Toponymes connus

  • Qalaat al-Aido - Qalʿat al-ʿĪdū / قلعة العيدو Arabic Contemp.
  • Fort al Aid Med.
  • al-Aido - al-ʿĪdū / العيدو Arabic

Description

Français

Histoire

À quelques kilomètres au nord-est de l’importante forteresse de Saône dont il fut l’une des nombreuses dépendances, sur une croupe escarpée dominant la vallée du Nahr al-Aïdo , se trouve un petit fortin jadis utilisé par les Francs. Surveillant ce confluant du Nahr el-Kebir dont le lit est la principale route permettant, depuis Lattaquié, de rejoindre Jisr Es-Shogr puis Alep, l’emplacement de ce site est tout sauf anodin. Aussi les Francs voulurent-ils sans doute, exercer sur cet axe stratégique un pouvoir plus important et assurer ainsi la bonne communication entre leurs places fortes de la vallée du Haut-Oronte et les riches campagnes environnant le port de La Liche. En cela, la Fort d’al-Aïd n’est pas différent des autres citadelles occupées par les Francs dans le massif du Jebel Ansarieh, lesquelles avaient pour fonction première de surveilles les rares voies de communication reliant le littoral à l’intérieur de la Syrie.

L’histoire de cette tour-vigie défendant les abords d’un des plus fameux port de Syrie et commandant l’une des route menant au coeur du royaume de Nur al-Din est mal connue, et aucune référence ou anecdote ne transparait à son sujet dans les chroniques occidentales. Il semble finalement n’être mentionné que par les chroniqueurs orientaux, à l’occasion de sa prise par une partie de l’armée de Saladin, le 31 juillet de l’année 1188. Cet enlèvement faisait logiquement suite à la perte de la forteresse de Saône, et, de façon plus générale, s’inscrivait dans la continuité de cette campagne militaire victorieuse lancée par le sultan ayyûbide contre les Etats Latins.

Les défenseurs du Fort durent être avertis trés rapidement de l’arrivée des troupes ayyûbides car il existe, entre Saône et al-Aïdo un point fortifié mineur au lieu dit Haret az-Zaarour permettant détablir un lien visuel direct entre chacune des deux forteresses. Probablement anéantis par la nouvelle de la chute de l’ouvrage le plus fort de la région, la petite garnison ne semble pas avoir résisté plus d’une journée contre les forces musulmanes venues inverstir la place.

Qalaat al-aido disparait dès lors de l’histoire connue.

Description

Le site est presque entièrement ruiné et noyé dans la végétation. On distingue pourtant encore deux grands ensembles, une basse-cour et une partie haute. Les deux sont séparées par l’un des rares éléments significatifs encore discernable. A cet endroit, le rocher semble avoir été taillé en un mur de refend dessinant une marche de plusieurs mètres de haut et isolant les deux parties. Dans le rocher, une grotte a été ménagée et pourrait bien être la trace d’une occupation antérieure.

Parmi la végétation, on découvre, ça et là, de nombreux fragments de courtine mais ceux-ci, mal conservés, ne permettent pas de définir clairement les endroits où les organes de défense traditionnels ont pu se trouver. Seule la partie la plus haute du site porte encore l’empreinte claire d’une grande tour carrée. Celle-ci dominait donc le front d’attaque et était bâtie dans le même matériaux que l’ensemble du site.

Le maçonnerie, partout homogène, évoque celle de la proche citadelle de Sarmaniye, prise par Saladin dans la même foulée. L’appareil, assez régulier, se compose de petits moellons cubiques. Ceux-ci sont par endroits liés par un mortier même si la pratique la plus répendue reste celle de l’emploi de calles de faibles dimensions.

Parmis les restes du front ouest, le plus exposé, une ouverture à ébrasement simple est toujours en place. Sa très petite hauteur laisse toutefois sceptique quand à l’idée d’une utilisation militaire.